mars, 2010
Mon interview de parent…
Posté le 28. mar, 2010
A l’occasion de la parution de mon nouveau roman, “Soirée Sushi” aux éditions Calmann-Levy, le site Parent-solo.fr m’a interviewée…

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Mes dernières lectures…
Posté le 27. mar, 2010
Deleuze, Sheila et moi, par André Manoukian, éditions Calmann-Levy.

Manoukian, je l’adore. Comme beaucoup (de femmes), je n’ai découvert son existence qu’en suivant la Nouvelle Star, sur M6, et aussitôt, j’ai aimé cet..te émission. Alors vous pensez bien qu’en apprenant qu’il sortait un bouquin, chez mon éditeur en plus, je me suis jetée dessus. Mon opinion ? Eh bien c’est drôle ! Certes, c’est quand même un texte qui prend toute son ampleur si on a déjà vu la Nouvelle Star. Les private jokes, du coup, y son particulièrement savoureuses, et on se remémore avec plaisir le contexte du best-of de ses saillies. Pour le reste, si j’ai trouvé le titre du livre original, la couverture m’a un peu interpellée : pourquoi exhibe-t-il ce torse velu et même pas musclé ? Il n’a pas compris, le Manoukian, que ce qu’il y a de terriblement magnétique chez lui, ce sont ses yeux, je veux dire, ce regard profond, intense, qu’il pose sur les gladiateurs de la chanson qui se présentent à lui, surtout quand, parfois, une voix le charme, et que soudain son menton atterrit sur son poing, que ses sourcils s’abaissent, affutant ses prunelles devenues brulantes, et que l’on devine autour de lui l’émanation d’une tension psycho-érot… bref, achetez ce livre.
Juste avant le crépuscule, par Stephen King, éditions Albin Michel.

Pour commencer, saluons la qualité d’une des plus belles couvertures que j’ai vues depuis longtemps. Pas graphiquement, mais au niveau du matériel employé : ces effets de rayon laser cinglant la photo du King, en 4e de couv, suivant l’angle d’inclinaison du livre, sont littéralement sublimes. Tout cela pour mettre en valeur le dernier opus (traduit en français) du maître du genre (qui n’en avait pas besoin : même imprimé sur du papier toilette recyclé, je l’aurais lu !). “Juste avant le crépuscule” porte bien son nom, car ce recueil de nouvelles est un peu moins terrifiant que les précédents, où d’habitude il cuisine ses histoires à la sauce “en pleine nuit noire et poursuivi par un monstre qui fait un drôle de bruit”. (En comparaison, “Tout est fatal” m’avait empêchée de dormir pendant des semaines). Ici, s’il ne s’agit pas de terreur pure, on baigne quand même dans une atmosphère rudement oppressante, et on ne coupe pas aux bonnes vieilles décharges d’adrénaline qu’on attend de lui. De sacrées tranches de lecture angoissantes à souhait, donc.
Je le ferai pour toi, par Thierry Cohen, éditions J’ai Lu. (à paraitre le 7 avril 2010)

Que tous ceux qui ne connaissent pas encore Thierry Cohen réparent cette erreur. Certes, il n’a pour le moment écrit que deux romans, mais il est en train de devenir un écrivain incontournable, fort de son succès et de ses deux titres en cours d’adaptation au cinéma. Pas étonnant, vu la qualité de son écriture et ses scénarios bien ficelés. Alors ne manquez pas la sortie en poche de cet opus, où il pose une question simple et terrifiante à la fois : que seriez-vous prêt à faire par amour ou par amitié, et jusqu’où la haine pourrait vous mener ? Je n’en dis pas plus, débrouillez-vous avec ça, vous m’en direz des nouvelles ! Un roman sensible, émouvant et bourré de suspens.
Caravage, par Sibylle Ebert-Schifferer, éditions Hazan.

Ah non mais Caravaggio ! Caravaggio, quoi ! La claque qu’on s’est prises, mes nioutes et moi, en découvrant ses tableaux, lors de l’expo qui a lieu à Rome en ce moment (voir ici.) Dire que plus tôt dans la journée, on barbotait dans les musées du Vatican, où on se baignait dans du Michel-Ange, on se savonnait dans du Raphaël, et on se douchait dans du Léonard de Vinci, et autres surdoués du pommeau…heu… du pinceau. Et pourtant, malgré nos mirettes encore humides de toutes ces splendeurs, face au Caravage, mes filles et moi sommes restées séchées, éblouies, scotchées. Tant de modernité dans ses toiles, tant de beauté brute, cette incroyable utilisation de la lumière qui a fait sa gloire (la technique dite du “clair-obscur”), ce réalisme féroce, cette authenticité psychologique…waouw. Alors évidemment, sitôt rentrée à Paris, j’ai voulu tout savoir de ce peintre. Il m’obsédait presque ! Son oeuvre, j’avais vu, mais sa vie ? Houlà… sale réputation, le Caravaggio. Un meurtrier à la vie dissolue, un bagarreur, un excité, un gars à la sexualité scandaleuse…eh bé. Et puis je me suis dit, bon, d’accord, et tous ces détails nous seraient donc parvenus sans déformation depuis le 16e siècle ? Un type au talent aussi violemment original pour l’époque, n’aurait pas suscité la moindre once de jalousie de la part de ses copains les autres peintres ? (noooon, c’est bien connu. Les gens qui ont du succès sont entourés de pairs qui leur vouent un amour pur et une admiration sincère et désintéressée. Les rumeurs, le téléphone arabe, ça n’e-xis-te pas.) A vous de voir, on ne le saura sans doute jamais. Mais on pourra par contre lire le somptueux ouvrage de Sibylle Ebert-Schifferer, qui remet en question les jugements portés sur le Caravage, en replaçant son histoire dans le contexte historique de l’époque. En outre, toutes les peintures originales de ce génie sont reproduites dans ce très très beau livre. Indispensable.
Caravage, de Laurent Bolard, éditions Fayard.

A noter également, si les gros livres un peu chers vous font peur, l’ouvrage très instructif de ce docteur en histoire de l’art qui nous raconte sa vie pittoresque et tourmentée (pas la sienne, hein, celle de Caravage) dans cette biographie érudite. (Attendez, ce mec aimait les artichauts, travaillait comme un dingue puis ne foutait rien pendant plusieurs mois, brillait par son originalité… comment ne pas me passionner pour un type qui me ressemble autant ?)
La fille de papier, de Guillaume Musso, éditions XO. (à paraitre le 1er avril 2010)
Dans son nouveau roman (bravo au maquettiste, au passage ! parce qu’il faut voir toutes les insertions qu’il y a dans ces pages, les changements de polices, de caractère, les gribouillis à la main… il a du s’éclater !), dans son nouveau roman, disais-je, Guillaume Musso raconte l’histoire de Tom Boyd, un écrivain qui voit apparaitre un soir d’orage l’héroïne de ses livres en chair et en os. Et la fille est nue. (J’aperçois d’ici des vocations naitre à vue d’oeil ! Ou peut-être ne sont-ce pas des vocations, tout compte fait, auquel cas je préfère détourner le regard.) La fille est nue, disais-je, et elle a besoin de son créateur, car elle mourra s’il cesse d’écrire. Seul problème : Tom n’a plus du tout d’inspiration. Que va-t-il se passer ? (Héhé, moi je sais !)
La mélodie des jours, de Lorraine Fouchet, éditions Robert Laffont.

Ils se croyaient seuls au monde ? Ils vont découvrir le sens du mot “solidarité”. Autour d’un site internet, qui met en relation les gens d’un même voisinage, une demi-douzaine de personnages terriblement attachants vont se croiser, se découvrir, et peut-être même… s’aimer ? Sur un thème difficile (le cancer du sein), Lorraine Fouchet parvient à raconter une histoire captivante, émouvante sans être larmoyante, pleine de bonheur et d’un féroce optimisme en la vie. Une écriture qui enveloppe ses lecteurs de tendresse.
Le voisin, de Tatiana de Rosnay, éditions Héloïse d’Ormesson. (à paraitre le 8 avril 2010)

Elle vous avait ému avec son “Elle s’appelait Sarah” ? Elle vous fera flipper avec son “Voisin” ! Un thriller, maintenant ? Carrément. L’angoisse monte, le malaise s’installe, ça parle à tout le monde, car à moins d’habiter en plein désert, on a tous des voisins. Mais qui sont-ils, en réalité, nos chers voisins ? Perso, à cause d’elle, je ne regarderai plus jamais les miens de la même manière. Merci, hein, Tatiana !
Familles, je vous hais, d’Emmanuel Pierrat, éditions Hoëbeke.

Si les artistes morts dont parle ici Emmanuel Pïerrat étaient encore en vie, ils auraient eu matière à roman avec ce que leurs héritiers ont fait subir à leur oeuvre ! Entre ceux qui gardent précieusement les manuscrits non publiés, ceux qui les brûlent pour préserver la mémoire de l’ancêtre, ceux qui exploitent outrageusement le moindre ticket de resto (j’exagère à peine !) en produit dérivé, ou ceux qui se battent comme des chiffonniers, ça fait frémir ! On suit donc avec intérêt la saga des ayants droits de gens comme St Exupéry, John Lennon, Stieg Larsson, Charles Trenet, Bob Marley et bien d’autres (et pas des moindres !), et on se scandalise à la lecture de ces récits bien ficelés.
Planning Familial, de Karan Mahajan, éditions Philippe Piquier.

Que c’est bon, de traverser les frontières, et d’aller goûter à d’autres littératures. La littérature indienne, par exemple, qui ne m’a valu pour le moment que d’excellents surprises. Ce planning familial à la sauce hindi n’y déroge pas. C’est l’histoire d’un ministre ventru, père de treize enfants (normal, il adore plus que tout fait l’amour à sa femme enceinte, du coup elle pond presque non stop !) et d’un secret, qu’il veut révéler à son fils ainé. Un très bon moment de lecture.
Les jolis garçons, de Delphine de Vigan, éditions le Livre de Poche.

Delphine de Vigan, c’est la fille adorable à cheveux bouclés qui collectionne les prix littéraires comme d’autres les cartes Pokemon. Les “jolis garçons” est son deuxième roman (elle en a publié trois autres depuis), qui vient juste de paraitre au Livre de Poche. Il s’agit d’un recueil de nouvelles racontant trois histoires d’amour dans la vie d’Emma. C’est doux, c’est triste, c’est tendre, c’est violent…
Mon chèque, de Jean-Claude Carrière, éditions Plon.

Un auteur cherche à récupérer un chèque qu’un producteur de cinéma lui doit, pour le scénario qu’il lui a vendu. Et il va mettre tout un roman pour y parvenir. Le producteur trouve des astuces, pour esquiver, tellement improbables de culot, qu’on se croirait en plein milieu d’un épisode des “nerfs à vif”, sur MTV (l’émission où celui qui résiste le plus longtemps en gardant son sang-froid face à une situation hors-norme gagne 100 dollars.) A un moment, on n’a qu’une envie, c’est de hurler sur nos pages: “mais bordel, file-lui son putain de chèque, à la fin !!!” (…et adieu nos 100 dollars !)
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Haute comme trois pommes
Posté le 22. mar, 2010
Voila.
Voila, voila.
Visiblement, quand on veut, on peut.
C’est probablement ce qu’a du se dire nioute minus, dix ans à peine, quand elle m’a demandé un soir où je n’avais pas fait les courses, si elle pouvait cuisiner une tarte au pommes.
Impossible, je lui répond machinalement, je n’ai pas de pâte surgelée Picard, ni tous les autres ingrédients que, d’ailleurs, je ne connais pas, vu que j’en fais jamais, des tartes aux pommes.
Mais laisse, insiste-t-elle, je vais trouver une recette sur internet, et je vais la faire, cette tarte.
Bon, bon, après-tout, pourquoi pas, si ça t’amuse…
C’est de son âge, de faire des expériences culinaires. La tarte aux pommes sans pâte, c’est peut-être un concept novateur ?
Je vois donc ma gamine surfer, trouver une recette, et en noter scrupuleusement les ingrédients.
A un moment, elle me demande où se trouve la balance pour les peser, ces ingrédients, et je lui répond avec assurance de faire comme moi, et de jauger à l’oeil nu.
…Ce qui donne généralement des splendeurs gustatives telles que ma tarte liquide aux cookies, ou ma… comment l’appeler… ma “bûche de Noël” qui serait passée dans la machine à téléportation du film la Mouche, et qui aurait fusionné avec un flacon de shampooing au goudron.
(Inutile de chercher sur ce blog, j’ai retiré les photos. A un moment, mon sens de l’humour s’est révélé moins résistant que ma dignité.)
Bref, un coup de fil à une copine plus tard, je débarque ébahie dans le salon, et mes filles m’y servent…. ça !
Un pâte créé de toutes pièces avec de vrais ingrédients, même pas crue, des pommes fondantes recouvertes de cannelle… Et en plus, c’est même bon !
Ok.
Je ne leur ai peut-être pas appris à la faire, cette tarte aux pommes, mais je peux au moins leur apprendre à la manger !









