juin, 2008
Eté du Livre à Metz 2008, le salon où le temps est devenu fou…et nous aussi !
Posté le 09. juin, 2008
J’aurais du le savoir, oui, j’aurais du m’en douter.
Quelque chose m’avait alertée, lorsque j’ai tapé “Yahoo Meteo Metz” dans Google.
Quelque chose qui disait : “Tiens, c’est quand même bizarre que les prévisions météo sur Metz pour ce week-end changent aussi fréquemment. Comment je m’habille, moi, du coup ?”
Puis je me suis dit que j’avais sans doute rêvé. Depuis quand c’est fiable, la météo ?
Et j’ai enfilé ma nouvelle paire de Castañer roses.
Avant de monter dans le train qui allait me transporter au salon du livre, j’avais, comme traditionnellement, fait provision de quelques magazines scientifiques (ma passion). A peine suffisamment pour tenir pendant l’heure et demie de trajet qui allait me mener vers une aventure comme jamais je n’en avais vécue jusqu’alors.
Mais je l’ignorais encore….

J’arrivais à l’hôtel Novotel (mondialement réputé pour posseder les plus jolis crayons critériums de toute la chaîne des Novotel de France), et attendis quelques minutes que cesse la fine pluie qui arrosait la ville, en photographiant mes pieds, heureux d’être là.

(Mais au fait, pourquoi ai-je parlé de critériums ? Je l’ignore, je ne sais pas ce qui m’arrive, la tête me tourne, il faudra que je pose la question à Isabelle Alonso, elle était avec moi, elle aura peut-être une explication rationnelle. En attendant, pas mal ce moyen détourné pour vous montrer mes nouvelles Castañer roses, hein ?)
L’heure du déjeuner arrive, nous sommes dans le restaurant de l’hôtel, je suis assise face à Michel Drucker.
Que s’est-il passé entre temps ?
Il a cessé de pleuvoir, et la température a chuté.
Hum, je n’aurais sans doute pas du mettre mes nouvelles Castañer roses, finalement. Le bout de mes orteils gèle doucement.
Interviewé par Isabelle, qui lui tend un micro jaune sans fil, Michel parle, parle, parle, et nous rions, et nous écoutons, et nous adorons. Et pourtant, ce n’est pas courant, non, ce n’est pas fréquent. Je crois déceler quelque chose de bizarre dans son attitude.
N’est-ce pas d’ordinaire plutôt l’inverse ?

Je veux dire, d’habitude, les bananes ne sont-elles pas vertes avec des fils ?
De la buée sort de nos lèvres.
Nous réalisons qu’il fait maintenant un froid polaire dans la salle.
Instinctivement, nous claquons des dents et tapotons la tête de nos voisins pour nous réchauffer.
Soudain, Michel Drucker se lève, jete sa veste sur une chaise, et me tend la main.
Je me lève aussi, je jete ma veste par terre (je suis une rebelle), je la saisis (sa main, pas ma veste), et là, surgie de nulle part, une musique retentit !
(En réalité, c’était une petite musique d’ascenseur : Novotel s’est excusé, ils n’avaient que ça en stock).
Et nous voila partis pour un tango vertigineux qui a duré au moins…pffiouh….30 secondes.

Juste le temps de nous réchauffer.
Vous comprenez, c’était une question de survie.
Ne me jugez pas. A ma place, vous auriez fait la même chose.
(Par contre, pas sûr que Michel Drucker aurait accepté.)
Dédicaces l’après-midi, et le soir, tout le monde se retrouve dans la cathédrale du quartier, pour prendre un apéro en compagnie du maire.
J’y fais la connaissance de la dessinatrice Laurel.
Je vous avais dit que j’étais folle.
de blogs BD ?
Eh bien Laurel est une des illustratrices dont j’aime lire les aventures.
Et devinez qui l’a récemment inspirée ? Comme ça, d’un coup, une fulgurance ?

Oui, vous avez trouvé : c’est Chochana, ma Calamity Chienne.
Très gentillement, l’éditrice Héloïse d’Ormesson propose de nous emmener dîner dans un endroit sympa.
Dehors, la température s’est encore étrangement modifiée.
Il fait chaud à présent, mais uniquement jusqu’au cou.
Au dessus, on se caille.
L’atmosphère ressemble à s’y méprendre à une émulsion non secouée.
Laurel et moi, qui sommes frileuses des cheveux, ne quittons pas le petit chapeau de tissu blanc qu’un serveur prévenant à déposé dans nos assiettes.
Les autres, Isabelle Alonso, Héloïse d’Ormesson, Georges Yémi, Irma (la femme de Pierre pelot), Abha Dawesar, et Pierre Pelot, se contentent de faire “choubidou-waaa…” avec les mains.

A bien y regarder, seules Laurel et moi faisons “choubidou-waaa…” avec les mains.
Se pourrait-il qu’il reste encore un peu de hachis parmentier au frigidaire ?
Je me le demande.
Au loin souffle le sirocco….
Terrassés de sommeil (ou assommés par la conversation, le résultat est le même), tout le monde fini par aller se coucher, et la soirée se termine entre filles (Héloïse, Isabelle, Laurel et moi), avant de se finir entre filles-filles (Isabelle et moi), dans un café, jusqu’à deux heures du matin.
A deux heures du matin et une minute, nous tombons évanouies de sommeil dans nos lits.
(Au pied du, en ce qui me concerne. J’étais vraiment très fatiguée.)
Le lendemain, je prends mon petit déjeuner en compagnie de Carole Zalberg et d’Abha Dawesar. Nos réserves de salive se sont reconstituées pendant la nuit, aussi ce ne furent que ragots, mais alors des ragots, des ragots mes amis…ohlala quels ragots !
…Sur une personne qui n’était pas présente au salon.*
Nous sommes en forme, nous avons fait notre petite gym matinale linguale, nous pouvons donc aller travailler.
(*Mais de qui avons nous ainsi parlé ?!
Hein ??)
Dehors, il fait frais et il pleuviotte un peu.
Le chapiteau n’est qu’à quelques mètres, nous nous y rendons pour signer toute la matinée.
(*Non mais sans déconner, c’était sur qui les ragots ??)
(*Mais pourquoi je me parle à moi-même, là ?)
Au déjeuner, je fais la connaissance de Jean Amadou, un incroyable raconteur de blagues qui nous fait hurler de rire.
Tenez, là, c’est lui :

Jean Amadou et Esteban des Cités d’Or, même combat.
Ce sont tous les deux des enfants du soleil : matez un peu le flamboiement dans ses cheveux (ce qui ne signifie pas pour autant que je sois une allumeuse…ah ! ah !).
Capillairement, il a appelé l’astre du jour (pas moi, l’autre).
Car après ses cheveux, figurez-vous que c’est toute la ville qui s’est embrasée. Il a fait une chaleur étouffante, accablante, bref, insupportable.
La température frôlant les sommets, nos cerveaux bouillonnaient. Eperdues de fièvre, Isabelle Alonso, Lorraine Fouchet et moi nous sommes jetées sur le premier lecteur qui passait, Thierry en l’occurence, qui a tout naturellement pris la pose que lui inspirait nos manières.

(Notez la tête du type derrière Isabelle, fou de jalousie, qui semble avoir envie d’étrangler Thierry à mains nues pour prendre sa place !)
Heureusement, Emmanuelle est arrivée. Et vous savez ce qu’on dit des blondes ? Elles rafraichissent !

Mais cet apport d’air frais n’a duré qu’un instant car sous la tente, la haute température nous refait perdre l’esprit. Le chaos total.
Certains se sont mis à chanter, d’autres à danser ou à aboyer…Carole Zalberg et moi avons risqué notre vie : on a lu un livre de Maud Tabachnik à voix haute juste pour rigoler.
Devant elle.

Inutile de préciser qu’on a ensuite du courir vite.
Très vite.
Au loin, les frères Bogdanov veillaient, un sourire entendu sur le visage.
Retour en train, en compagnie d’un homme-fromage et d’un clone d’Indiana Jones (Gordon Zola, auteur de romans comiques et fondateur des éditions du Léopard Masqué, et Olivier Descosse auteur de thrillers chez Michel Laffon).Quand soudain, on a les quatre saisons en un quart d’heure : un orage s’abat brutalement sur nous, déchire le ciel d’éclairs, puis un pluie torrentielle, suivie d’une chappe de brouillard tellement dense que le paysage devient littéralement invisible, puis la grêle, violente et intense….. Limite j’attends la pluie de sauterelles et le lâcher de grenouilles.
Alors bon.
Je veux pas dire, mais la 4e dimension, c’est rigolo à la télé, mais en vrai ça fait quand même un peu peur.
Pas mécontente d’être revenue à Paris…
Merci à la librairie Hisler-Even pour leur formidable accueil !







